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Extrait du corrigé : L'enfant qui brise un vase sous le coup de la colère, pour se venger ou par caprice, est-il plus excusable que s'il l'avait fait par accident ? L'exigence de moralité abhorre les sentiments, car elle vise l'universalité. Pour elle, être fondée signifie « disposer d'un critère valable en toutes circonstances » : ce que ne sont manifestement pas les sentiments. Cependant, il est un fait indéniable : si les sentiments sont variables et subjectifs, tous les hommes ne laissent pas d'en éprouver. De ce point de vue, le sentiment est universel et c'est ce qui lui a valu d'être mis en avant par des penseurs anglo-saxons tels que Hutcheson, Shaftesbury ou Adam Smith. II - Du sentiment moral à la bonne volonté La pensée empiriste anglaise s'est intéressée aux sentiments dans l'optique d'une fondation de la moralité, notamment en mettant en avant le sentiment moral. De quoi s'agit-il ? Pour l'école anglaise, le sentiment moral possède trois caractéristiques : premièrement, il permet de ne pas fonder la morale sur la seule raison, c'est-à-dire sur la connaissance rationnelle de nos devoirs ; deuxièmement, et c'est une conséquence, le sentiment moral est commun à tous les hommes : le fait moral peut donc apparaître à tous, de manière évidente et universelle, sans que l'on ait besoin d'avoir recours à la réflexion spéculative. Par exemple, je n'ai pas besoin de réfléchir pour comprendre que le meurtre est immoral ; l'immoralité est spontanément ressentie. Troisièmement, le sentiment moral s'accompagne d'une dimension esthétique, qui nous rend sensible à la beauté, voire la sublimité des actions vertueuses.
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