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Extrait du corrigé : Calliclès a aussi des idées sur l'origine de telles conventions : à ses yeux, elles répondent au désir des plus faibles de ne pas être dominés, malgré l'absence de force qui les prédispose à l'être. Ce qui permet aux plus faibles de traduire leurs conceptions sous forme de lois réelles, c'est qu'ils trouvent une force de compensation dans leur nombre, qui les porte au pouvoir en dépit de leur absence de valeur personnelle : « le malheur est que ce sont, je crois, les faibles et le grand nombre auxquels est due l'institution des lois. Aussi instituent-ils ces lois par rapport à eux-mêmes et à leur avantage ». En produisant une explication de ce type, Calliclès entend rendre compte tout particulièrement du régime démocratique, dans lequel s'impose la loi du nombre, mais on peut penser que plus généralement, les plus démunis sont davantage demandeurs de législation, car là où rien n'est interdit, la force peut se donner libre cours, et les puissants règnent sans entraves : la demande même de loi serait nécessairement le fait des faibles, que le processus d'établissement des lois soit ou non démocratique. Une explication de même nature se retrouve au XIX ième chez Nietzsche, non pas exactement à propos de l'établissement des législations, mais plus largement à propos de l'émergence des valeurs juridiques et morales. Reprenant dans la « Généalogie de la morale », l'opposition entre forts et faibles. Nietzsche estime que l'évaluation appartient tout d'abord aux forts (la « superbe brute blonde »), satisfaits de leur force et de la vie, mais que l'histoire humaine connaît une « révolte des esclaves », dont les grands représentants sont le Christ, Socrate, et les socialistes. Incapable d'une véritable action, le « troupeau » des faibles compense son incapacité à dominer par une condamnation, et, poussé par le « ressentiment », s'arrange pour trouver mauvais le fait naturel de la domination par les forts, renversant ainsi imaginairement la relation hiérarchique. De l'égalité dépend la justice Ainsi que l'écrit Benjamin Constant: «L'inégalité est ce qui seul constitue l'injustice. Si nous analysons toutes les injustices générales ou particulières, nous trouverons que toutes ont pour base l'inégalité» (Écrits politiques).
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