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EXEMPLES DE RECHERCHE
Définitions des termes :
- sens : Du latin sensus, organe des sens, façon de sentir ou de penser . (a) Faculté d'éprouver des sensations d'un certain ordre (exemple : le sens du toucher). (b) Intelligence intuitive ou immédiate (exemple : le sens du commerce). (c) Intention de celui qui parle ou agit, signification des mots qu'on emploie. (d) Direction ou orientation d'un mouvement. (e) Bon sens : faculté de bien juger, de distinguer le vrai d'avec le faux (synonyme de raison chez Descartes). (f) Sens commun : ensemble d'opinions et de jugements reçus dans un milieu déterminé.
- peut : Est-il possible, est-il légitime.
- dire : Affirmer, soutenir, tenir pour vrai.
- parole : Mot ou ensemble de mots servant à exprimer la pensée.
Extrait du corrigé : . Austin, Quand dire c'est faire), "Nous prendrons donc comme premiers exemples quelques énonciations qui ne peuvent tomber sous aucune catégorie grammaticale reconnue jusqu'ici, hors celle de l'« affirmation » ; des énonciations qui ne sont pas, non plus, des non-sens, et qui ne contiennent aucun de ces avertisseurs verbaux que les philosophes ont enfin réussi à détecter, ou croient avoir détectés : mots bizarres comme « bon » ou « tous » auxiliaires suspects comme « devoir » ou « pouvoir » constructions douteuses telles que la forme hypothétique. Toutes les énonciations que nous allons voir présenteront, comme par hasard, des verbes bien ordinaires, à la première personne du singulier de l'indicatif présent, voix active. Car on peut trouver des énonciations qui satisfont ces conditions et qui, pourtant, A) ne « décrivent », ne « rapportent », ne constatent absolument rien, ne sont pas « vraies ou fausses » ; et sont telles quen B) l'énonciation de la phrase est l'exécution d'une action (ou une partie de cette exécution) qu'on ne saurait, répétons-le, décrire tout bonnement comme étant l'acte de dire quelque chose. (...)Exemples :(E.a) « Oui [je le veux] (c'est-à-dire je prends cette femme comme épouse légitime) » - ce « oui » étant prononcé au cours de la cérémonie du mariage.(E.b) « Je baptise ce bateau le Queen Elisabeth - comme on dit lorsqu'on brise une bouteille contre la coque.(E.c) « Je donne et lègue ma montre à mon frère » - comme on peut le lire dans un testament.
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Le corrigé du sujet " En quel sens peut-on dire que nos paroles nous trahissent ?" a obtenu la note de : aucune note
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Analyse du sujet : Un sujet très classique interrogeant sur l'adéquation du langage au propos volontaire et la personnalité profonde du locuteur.
Peut-on faire confiance en nos propres paroles ? Ne sommes-nous pas maîtres d'elles ? La parole trahit quand elle révèle ce que nous ne voulions pas qu'il révèle. Quand je me trahis, je donne involontairement des signes de ma pensée profonde, opposés à l'image que je voulais donner volontairement de moi. C'est le sens premier de l'expression. Dès lors, il s'agit de voir si la parole ne dit pas plus que ce que nous croyons/voulons qu'elle dise. Mais l'expression invite aussi à étudier le cas inverse, d'une parole qui ne dit pas la vérité. La trahison peut donc aussi bien être la révélation que le voilement de la vérité. Quelle vérité ? Celle de l'inconscient, celle des déterminations sociales ? Le sujet sous-entend la question de la pensée : nos paroles trahissent notre pensée, nos idées, et trompent autrui qui va alors juger injustement nos idées. Mais en disant plus que ce que nous voulions qu'elles disent, les paroles nous trahissent-elles vraiment ? Ne montrent-elles pas au contraire avec plus de justesse ce que nous sommes ? La non-maîtrise de la parole est-elle un atout ou un inconvénient ? Voir une trahison dans toute parole, n'est-ce pas un signe de la paranoïa, plutôt que d'une réalité ?
Parler, c’est dire ce que l’on pense, c’est-à-dire rendre publiques nos pensées. De ce point de vue, les paroles que nous proférons transmettent un message dont nous fixons nous-mêmes le sens. Dès lors, comment penser que nos paroles puissent, en un sens, nous trahir ? D’abord, on peut s’interroger sur les conditions dans lesquelles nous parlons : sous le coup de la colère, je dis des choses que je ne pense pas (« mes paroles dépassent ma pensée ») ou bien que je ne voulais pas dire. La trahison ce joue alors dans le décalage entre ce que je pense et ce que je dis, c’est-à-dire par l’absence de maîtrise dans ce que je dis.
Dès lors, nous devons remarquer deux choses : d’une part, parler, c’est parler à quelqu’un. Autrement dit, ce que je dis en susceptible d’être interprété par autrui : le sens de mes paroles se fixent aussi dans leur réception. Il ne s’agit pas de dire qu’autrui comprend mal mes propos, mais que mes paroles disent toujours plus que ce que je pense y mettre. La parole est donc le lieu d’un excès de sens. D’autre part, depuis les travaux de la psychanalyse, il n’est plus possible de tenir la pensée pour maîtresse d’elle-même : ainsi, ce que nous disons révèle toujours plus que ce que la pensée elle-même ne cherche à révéler dans la parole. C’est le cas, par exemple, du lapsus. Là encore, la parole est soumise à l’excès de sens. C’est cet excès que nous devons examiner, puisque nous nous demandons bien en quoi nos paroles, et non nous-mêmes, nous trahissent lorsque nous parlons.
« C’est dans le mot que nous pensons. Nous n’avons conscience de nos pensées, nous n’avons de pensées déterminées et réelles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les différencions de notre intériorité […]. C’est le son articulé, le mot, qui seul nous offre une existence où l’externe et l’interne sont intimement unis. Par conséquent, vouloir penser sans les mots est une tentative insensée. On croit ordinairement, il est vrai, que ce qu’il y a de plus haut, c’est l’ineffable. Mais c’est là une opinion superficielle et sans fondement ; car en réalité, l’ineffable, c’est la pensée obscure, la pensée à l’état de fermentation, et qui ne devient claire que lorsqu’elle trouve le mot. Ainsi le mot donne à la pensée son existence la plus haute et plus vraie. »
Hegel, in « Philosophie de l’esprit ».
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